Si J.F.Kennedy avait été noir là cela aurait été très important ou si Martin Luther King avait fini à la Maison Blanche, on aurait pu déclarer que c'était là la reconnaissance de l'intégration des noirs. Considérer Obama comme le premier président noir c'est regarder cette élection en regardant le passé. Regarder cette élection en conservant comme outil d'interprétation cette distinction entre les méchants blancs d'un côté et les gentils noirs de l'autre (ou l'inverse, peut importe) c'est rester bloqué dans une vision du monde encore dominé par le racisme et l'apartheid.
Obama est métis et c'est ça qui est historique. Celui qui est à la tête du "melting pot" est visuellement le résultat de ce mélange. On nous dit depuis qu'on est petit que la différence c'est "bien", que l'on s'enrichit de la rencontre de ces différences etc. Avec cette élection on a une illustration de ce principe. Le président de la première puissance économique, militaire et politique du monde est un métis. Avec la mondialisation et l'accélération du développement des moyens de communication et de transport nous allons vers un métissage plus intense des manières de vivre, de penser et d'être. Les enjeux d'aujourd'hui et de demain ne sont plus de savoir si tous les hommes sont égaux, si tous ont une âme ou si on a tous le droit au même place dans le bus. Si ces problèmes ne sont bien sûr pas résolu, ils sont condamnés moralemet et légalement.
L'enjeu est de savoir comment on va vivre ensemble, sans peur et en tirant profil de nos différences. Considérer Barack Obama comme le premier président métis des USA c'est ancrer cette élection dans l'avenir.


